04 JUILLET 2011
En résumé :
Mauricio Clavero Kozlowski est Designer et Directeur artistique depuis un an et demi, de la Maison Haviland, manufacture de porcelaine de Limoges (1842).
Pour nous donner le ton de sa partition, Mauricio Clavero Kozlowski, nous propose une définition du
« Service à la française » issue du Larousse Gastronomique : « En raison de son caractère dispendieux, le service à la française ne se pratiquait que dans les grandes maisons, dans les occasions solennelles, et, lorsqu’il était mis en œuvre, l’amphitryon mettait son orgueil à donner par ce service – et parfois avec un peu d’ostentation – une idée de son opulence et de sa générosité, à laisser à ses convives non pas seulement le souvenir d’une forte impression sensorielle, mais l’éblouissement d’un ensemble de chefs d’œuvre des arts de la table. »
Et de prolonger par : « derrière l'image de la Maison Haviland se cache une histoire d’hommes, de mains et beaucoup d’amour. »
Mauricio Clavero Kozlowski nous explique qu’en venant à New-York pour l’Alumni Meeting Tour, il renouait en quelque sorte avec les racines de l’histoire Haviland. A ses origines, Haviland était basée dans cette même ville, avant que la famille ne décide de traverser l’Atlantique pour s’installer à Limoges, en France.
Au commencement, Haviland ne faisait « que » de la décoration d’assiettes. Mais pour répondre aux besoins de ses clients et être plus proche de ses utilisateurs, la Maison a choisi de développer d’autres savoir-faire. Un savoir-faire très méticuleux de plus de 170 ans : pour fabriquer une assiette, il faut compter jusqu’à douze processus de production. Ce qui implique environ un an de délai pour préparer une nouvelle collection : six mois pour la développer, quatre pour la produire, cinq points de contrôles et de sécurité pour tester la qualité pour aboutir enfin à la livraison.
De l’Elysée à la Maison Blanche, en passant par les somptueux repas du Roi d’Arabie Saoudite, le Dorchester de Londres, le Mandarin Oriental de Tokyo ou le Ritz Paris… Le sérieux et la qualité Haviland sont reconnus partout dans le monde. Chaque création apporte sa touche personnalisée et fait de la table un bijou unique.
Mais comment créer cette symbiose entre la table et le repas ? « Il faut connaître l’utilisateur, s’approprier sa manière d’être, de vivre. En quelques mots, se rapprocher de son histoire et de celle qu’il souhaite raconter. »
Pour qu’une table resplendisse, il faut un accord parfait entre le service (c'est-à-dire la salle) et la cuisine. Le service à la française est tout aussi important que les mets que l’on déguste. Le plus difficile est donc de trouver l’accord entre chaque met et son contenant. Choisir la couleur juste, celle qui saura faire naître le plaisir des yeux, rien qu’en observant un plat. C’est pourquoi aujourd’hui, Mauricio Clavero Kozlowski développe des gammes sur-mesure, fruit d’une étroite collaboration entre des Chefs de cuisine et sa Maison « pour susciter l’émotion. »
« Lorsque l’osmose est créée, nous pouvons nous se sentir comme dans un ballet avec un Chef d’orchestre. L’expérience gustative rejoint alors celle du sensorielle. Et le luxe est de pouvoir adopter un ton solennel tout en restant décontracté. L’assiette, l’ambiance, le service, les plats sont alors autant de variantes pour sublimer un repas. » Et cela permet de donner du sens à l’Art de recevoir à la française. Car pour Mauricio Clavero Kozlowski : « nous avons un véritable défi à relever. La gastronomie française est reconnue grâce à l’héritage laissé par les Chefs de cuisine. Mais ce n’est pas uniquement les papilles. C’est aussi le plaisir des yeux. Le spectacle doit être partagé par la salle. Cette salle doit aujourd’hui s’imposer, prendre ses marques et faire perdurer ses traditions. En ce sens, l’Art de la table n’est pas une mode. C’est un style. Et ce style peut être simple à trouver. Une belle table peut mélanger des pièces de valeurs avec des pièces simples et épurées de premier prix. C’est ce contraste qui fera de votre dîner une expérience unique. »
Et l’on peut s'ancrer dans la tradition sans pour autant en oublier l’esprit du contemporain : « de prime abord, la couleur dérange mais à l’occasion de divers dîners gastronomiques, j’ai pu démontrer que la couleur permettrait au contraire de mettre en valeur les plats. Il faut simplement rester à l’écoute et trouver le chemin de la complicité pour permettre aux invités de ressentir cela. Car l’art de recevoir, c’est avant tout la manifestation d’un amour, qu’il soit pour ses convives ou pour sa cuisine… »
L’art de la table ou comment créer un souvenir inoubliable…
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