KARLA SENTIES SILVA
Karla a 32 ans. Native de Mexico, elle parle l’espagnol, le français, l’anglais et l’italien (« un peu... »). Elle fête aujourd’hui le deuxième anniversaire du magazine « Savor & Arte », qu’elle dirige, dont le n° 12 vient de sortir. Un rêve un peu fou, mais bien réel !
K.S.S. : « Comme beaucoup d’autres je crois, tout a commencé petite : un papa restaurateur, l’amour pour toutes sortes de pâtisseries, à 12 ans, j’ai appris la recette micro-ondes (rires) ! J’ai décidé de me professionnaliser, d’abord en gestion hôtelière pendant 4 ans, l’offre au Mexique n’étant pas très développée. J’ai rejoint l’Institut Paul Bocuse en 2000, qui proposait la formation la plus pertinente : une approche pédagogique complète, des équipements à la pointe, des chefs de haut vol mais à notre écoute, une ambiance étudiante cosmopolite, le tout sous la présidence de Paul Bocuse, c’est culte... Sans parler de l’opportunité des stages dans des lieux pour le moins prestigieux... »
K.S.S. : « Je suis arrivée avec un projet précis. j’avais largement constaté, lors de mes recherches d’orientation, au Mexique, l’absence de supports de presse sur cet univers. J’avais le rêve un peu fou de produire le premier magazine spécialisé dans mon pays. Après une première expérience réussie au restaurant gastro « Villa des Lys » du Majestic, à Cannes, j’ai vraiment pris confiance en moi.
Pour ma deuxième expérience, j’ai mis mes projets à exécution : grâce au chef Pascal Molines, j’ai été reçue chez Thuriès, Le magazine de gastronomie, où l’éditrice m’a fait découvrir tous les postes. J’ai joué les journalistes en herbe pendant six mois, accompagnant les photographes, m’initiant à la mise en page, à la prise d’interview… Grâce à toute l’équipe, j’ai pu concevoir la maquette de mon magazine, que j’ai décidé de baptiser « Savor & Arte ». Cela commençait à prendre vraiment forme…»
K.S.S. : « Non, une grosse période de doute a suivi. J’ai travaillé quelque temps, pour chasser mes démons, et faire de cette peur un moteur. C’est seulement au bout de quelques mois que j’ai relancé mes contacts au Mexique, que j’ai commencé à présenter le projet. Tout a été très vite ensuite. En décembre 2004, le n° 1 est sorti. On a fait beaucoup de diffusion et de promotion les premiers temps, car comme c’était une première au Mexique, il nous fallait trouver notre public. Grâce aux Ambassadeurs de Lyon, l’idée d’un partenariat Lyon-Mexico a fait son chemin et a fait décoller la revue, y compris auprès du grand public. Sans dire que nous sommes hors de danger, c’est une belle aventure humaine : Savor & Arte emploie 12 personnes à plein temps et tire à 10 000 exemplaires. Ma fonction d’éditrice, c’est du plein temps, voire bien plus (rires). Cela dit, je vis mon rêve… »
K.S.S. : « Bien sûr, revenir à la cuisine, par exemple, que je n’ai même plus le temps de pratiquer. La création d’un restaurant pourrait être très complémentaire, notamment sur le plan partenarial. Tout est possible, dès lors que l’on sait se créer les opportunités et solliciter son réseau, et l’Institut Paul Bocuse en est un… Considérez ceci comme un appel à projet, avis aux futurs entrepreneurs de l’Institut ! »