MARION DAVID

Un parcours… so british !

C’est par téléphone que Marion nous accorde son interview. En direct du royaume de sa majesté, ses enfants sur les genoux, le téléphone dans une main, - ndlr : certainement un stylo dans l’autre… - et des idées plein la tête. Oubliez tout ce que vous savez sur la gastronomie. Marion en a une conception très personnelle. Comme elle nous l’a dit, « il n’y a plus un standard de la restauration, elle est plurielle ! ». Sans plus attendre, zoomons sur Marion…

Pourtant, à l’origine, rien ne la prédestinait à choisir cette voie : titulaire d’un bac scientifique, c’est sans hésiter qu’elle s’est dirigée vers l’expertise comptable. Néanmoins, son père, critique culinaire, lui parle tout de suite de l’Institut. Mais Marion, imperturbable, persiste et signe. Il faut attendre ses 25 ans pour que les chiffres aient raison d’elle. Le trop plein. Le nécessaire besoin de donner un sens plus concret à son avenir, - ndlr : cependant on le sait qu’il faut toujours écouter ses parents - et devinez quoi ? Elle est reçue à l’Institut Paul Bocuse.

A partir de là commence la passion. Parce que passion il y a. Des relations avec ses « super » profs – ndlr : Le chef Jean Philippon obtient dans ce classement une distinction toute particulière – en passant par la qualité des cours, tout y passe. Sans parler des stages : sa première expérience, c’est chez Potel et Chabot qu’elle la vit. Et le plus grand traiteur d’Europe lui fait la part belle : des coulisses de Roland Garros aux réceptions des ambassades, Marion découvre le métier chez de « très grands professionnels ». Surtout, elle apprend très vite, à tel point qu’on lui propose même un job. Mais elle refuse. Elle court déjà vers son deuxième stage, le Hilton Park Lane de Londres lui tend les bras. Le pôle Banquet envoie 3 000 couverts par jour, autant dire qu’il s’agit d’être adaptable et efficace. Forte de sa première expérience, Marion applique méthodiquement ses réflexes et là encore les efforts paient : elle sévit ensuite ponctuellement au Windows, le gastro du Hilton, en plus d’intervenir aussi pour les clients VIP de l’hôtel. Passons très rapidement, car Marion est une femme pressée, pour vous dire que là encore l’oiseau s’échappe pour finalement atterrir au « Terrace Le Méridian », géré par l’incontournable Michel Rostang. La cote de la petite Frenchie monte tellement vite qu’elle finit dans un restaurant au nom bien senti : « La Trouvaille ». C’est à se demander auquel des deux ce nom correspond le mieux. Elle y restera le temps de passer chef. L’Angleterre lui réussit plutôt bien !

La transition, la vraie, Marion la vit avec son premier bébé. Pour elle, plus question d’envisager la cuisine sous l’angle « traditionnel ». Fini les journées interminables derrière son piano. Marion crée son entreprise de réception. Elle travaille avec les réseaux qu’elle a tissés durant son parcours, « pour conjuguer plaisirs familiaux et professionnels ! ». A la carte : ouverture de restaurant, mise au point des menus, formation, notamment avec « The admirable Crichton », une entreprise de réception avec qui Marion assure des prestations ponctuelles. Que rêver de mieux ? Pour ceux qui répondraient un deuxième bébé, c’est chose faite… La prochaine étape, c’est avec La boîte de réception de La city qu’elle va la vivre. Assurer tous les menus testing avec le chef Erling Rugsten, en vue d’une prochaine ouverture d’un lieu permanent de réception : « The Brewery ». Et tout ça avec ses deux enfants, son téléphone, ses idées et son stylo – ndlr : là c’est confirmé ! – Marion aussi elle est plurielle, non ?