RODRIGO GUTIERREZ VILLAREAL

Mais où s'arrêtera-t-il ?...

Le Casianos, vous connaissez ? Nous non plus, deux heures avant d’avoir eu Rodrigo. Nous allons tout vous dévoiler. Mais avant cela, il va falloir vous présenter Rodrigo, et à seulement 29 ans, on peut vous dire que son parcours est aussi complet que brillant...

Il se destinait au génie mécanique. Après avoir croisé la route d’un restaurant durant un job « alimentaire », il a bifurqué vers un certificat d’Arts culinaires à Mexico. Cette formalité accomplie, il a rejoint « La trattoria », service fraîchement lancé par Fiesta Americana à Acapulco. Il y reste peu, car il veut compléter sa formation par deux diplômes qu’il obtient : oenologie et gestion d’établissement de restauration. C’est en 1998 qu’il est reçu à l’Institut, en Arts culinaires & management de la restauration. L’équipe pédagogique ne s’y trompe pas : Rodrigo a l’étoffe d’un manager, et on le conseille dans ce sens. Dont acte...

Ses deux stages, au CRILLON (F & B, bien sûr) et au RITZ, dans un environnement salarial international, viendront confirmer cette réorientation. Après de telles références, pas étonnant que son troisième stage, au Four Seasons, à New-York, débouche sur une embauche. Le contexte « 2001 », malheureusement, le plonge rapidement dans une période de « lay-off » - ndlr : chômage technique - qui le renvoie au Mexique. Qu’importe, Rodrigo, durant cette période, est approché par Nestlé, qui lui propose un poste de responsable marketing « services aux clients ». Vous l’avez déjà déduit, il n’y restera pas... au bout d’un an, il s’ennuie dans son bureau ! Rodrigo, c’est un samaritain doublé d’un globe trotter. Comme il n’a pas vu la France depuis deux ans, il revient aider Eric MARTY, un ancien de l’école, à développer et structurer son restaurant « Le Versailles ». Tout le monde suit ? Parce que ce n’est pas fini.

Sa B.A. accomplie, Rodrigo revient au Mexique, où il n’attend pas plus et intègre «China Grill», en tant que manager de restaurant. Pas longtemps. Juste pour être débauché par le Directeur F & B de « Las Ventanas del Paradiso », à Los Cabos, « l’un des plus beaux hôtels du monde dans l’un des plus beaux endroits du monde » selon Rodrigo - ndlr : après visite du site, nous sommes d’accord avec lui - où il fait la connaissance du chef et du sous-chef, qui s’appellent tous deux CASIANO. Il ne faudra qu’un an à Rodrigo et ses compères pour monter leur affaire et lancer CASIANOS en mars 2006, après un mois de soft opening, destiné à en assurer la promotion. Plus qu’un lieu, le CASIANOS est un concept : basé sur un principe de cuisine spontanée, l’équipe propose chaque jour aux 37 couverts de la salle de choisir parmi une liste d’ingrédients, les chefs et leur inspiration du moment font le reste... Et si certains n’ont pas le goût du risque, le menu dégustation est fait pour eux ! Rodrigo semble convaincu par cette nouvelle situation, puisqu’il n’a pas évoqué de nouveaux projets. Ah, si pardon, l’ouverture d’un second restaurant de 120 places, fi n janvier 2007, qui proposera une approche moins select.

En résumé, on notera une certaine aptitude chez Rodrigo à capter l’air du temps, et à « garder une fenêtre ouverte sur le réseau », notamment celui de l’Institut. Comme il le dit «tout ce qui vient d’ailleurs a de la valeur », et « le nom Paul Bocuse a une valeur internationale ». Et si il n’avait qu’un conseil à donner aux étudiants, c’est « de savoir plus, de vouloir plus. Ne pas se contenter d’une note, chercher à trouver ce qui vous distingue ou qui va vous distinguer ». A bon entendeur...